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Destremau, premier Varois à boucler le Vendée Globe

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Écrit par Patricia Colmant Publié le 17 mars 2017 Patricia Colmant

Journaliste spécialisée nautisme

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Dernier mais vainqueur. Sébastien Destremau, régatier Toulonnais de 52 ans, sur son monocoque de 60 pieds, Techno First-faceOcean de 20 ans a réussi son pari de boucler le Vendée Globe… mais en 124 jours. (Photos : Jean-François Monier/AFP – Olivier Blanchet/DPPI/Vendée Globe)

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Destremau, premier varois au Vendée Globe

C’est 50 jours de plus que le vainqueur, Armel Le Cléac’h à bord de Banque populaire, une « bête de course » équipée de foils. Rien à voir avec la monture de Sébastien Destremau, qualifiée de «bicyclette sans dérailleur». Il a démâté moins d’un mois avant le départ, hypothéquant même sa participation, en novembre 2016 et qui a accumulé les incidents techniques durant les 26 000 milles de course. Cette 18è place sur 29 concurrents sur la ligne des Sables d’Olonne reste, au-delà de la durée, une performance remarquable qui illustre la force de caractère et la ténacité du marin.

Très amaigri faute de nourriture suffisante sur les 15 derniers jours, après ce tour du monde éprouvant, le Varois n’arrivait pas à masquer son émotion devant les milliers de spectateurs venus l’accompagner dans sa remontée du chenal de port Olonna. Il avait choisi, lui le régatier méditerranéen exigeant et performant, de faire le VENDEE GLOBE en aventurier. Il est revenu en héros.

Destremau et le Vendée Gloge : une longue approche !

Passionné de voile dès son jeune âge, Sébastien Destremau se lance à 20 ans dans une préparation olympique en Flying Dutchman, un dériveur surpuissant, puis opte pour des grandes classiques de la course au large comme Sydney-Hobart et la Volvo Ocean Race. Le départ, il y a 4 ans, du Vendée Globe l’enthousiasme. Il décide d’y être lors de la 8 è édition. Quatre ans pour trouver un bateau, un budget et se préparer. En 2015, il part en Afrique du sud acheter un Imoca 60 de 1998 qui a déjà deux tours du monde au compteur. La remontée de l’Atlantique en Méditerranée sera un bon entraînement, suivie de la Calero Solo Transat, en avril 2016 qui le qualifiera pour le Vendée.

Après 3 semaines de course, le démarreur du moteur le lâche. Il lui faudra des heures d’ingéniosité pour mettre en place un système inspiré des tondeuses à gazon… Un concurrent, parti 4 jours après le jour J le rattrape au Cap, puis le distance. Dans l’océan Indien, c’est au tour de Romain Attanasio sur Famile Mary-Etamine du Lys de le rejoindre après s’être arrêté  deux jours dans une baie pour réparer ses safrans abîmés par un OFNI. Mais au cap Leuwin, au sud de l’Australie, le tandem, étoffé d’un 3e retardataire, Pieter Heerema, n’évolue plus à la même vitesse. Au cœur du Pacifique, notre Toulonnais n’aura de compagnie que celle des Albatros, les vagues hautes comme des immeubles et le vent déchirant. Il a réduit la toile pour ménager son bateau. « J’ai aimé les mers du sud et les quitte à regret » déclare-t-il à la vacation des organisateurs du Vendée en passant le cap Horn. Comme il est le dernier à la franchir, il a l’idée de fabriquer une clé avec un porte-manteau, pour « refermer symboliquement la porte derrière lui ». L’homme ne manque ni d’humour, ni d’idée…

Une page se tourne

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Cette nostalgie des 40è rugissants est réelle. Il reconnaitra « la tentation de rester en mer », une allusion à Bernard Moitessier, un tour du mondiste qui avait course gagnée, en 1968 et a préféré repartir sans franchir la ligne d’arrivée. Mais Destremau est aussi journaliste. Il envoie chaque jour une petite vidéo à l’intention de son sponsor, TechnoFirst, leader mondial des technologies anti-bruit installé à Aubagne et de centaines d’anonymes qui l’ont soutenu.

L’accueil que lui ont réservé, samedi11 mars, les milliers de Sablonnais et autres amateurs d’aventure du grand large l’aura sans doute conforté dans sa décision de revenir sur la terre ferme.

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