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lundi 11 décembre 2017

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FACE A LA MER, de Radhouane El MEDDEB

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Écrit par Marc Pagnier Publié le 26 juil. 2017 Marc Pagnier

Rédacteur en Chef des titres en anglais, français et chinois.

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FACE A LA MER, pour que les larmes deviennent des éclats de rire, est un spectacle de danse contemporaine créé le 20 juillet 2017 par Radhouane El Meddeb au festival d’Avignon. Il parle de l’exil, du retour et de la difficulté de regarder en soi au lieu de porter l’opprobre sur les autres. Spectacle d’une grande lisibilité chorégraphique, d’une esthétique subtile, raffinée et porteuse d’un humanisme désireux de construire ; plutôt rare dans les œuvres présentées au Festival d’Avignon 2017 – FESTIVAL AVIGNON 2017 – CREATION 2017 (Photos © Christophe Raynaud De Lage – FESTIVAL AVIGNON)

FACE A LA MER : d’abord le retour au pays

Face à la mer est un projet artistique porté par Radhouane El Meddeb. Parti depuis une vingtaine d’années de Tunisie pour s’installer en France, il souhaitait revenir au pays pour travailler quelques mois avec des artistes tunisiens. Ces années ont beaucoup changé son rapport au pays, ayant lui-même changé socialement, économiquement et politiquement. La rencontre avec ceux qui sont restés ne fut pas simple. Ils ont vécus la révolution, l’attente de changements qui ne viennent pas, la déception et la montée de l’extrémisme, de l’intégrisme. Mais il ressentit également le soupçon de ceux qui sont restés vis-à-vis de ceux qui sont partis. Malgré tout, il eut besoin de faire ce retour « comme un besoin de l’ordre de la catharsis ». Cette démarche s’accompagna par une « envie de comprendre tout cela et d’analyser la distance et la douleur qui sont les miennes ».

FACE A LA MER : est aussi un espace

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La troupe se compose uniquement de danseurs tunisiens, installés dans leur pays. Cela permet à Radhouane El Meddeb de fusionner deux cultures comme son propre rapport au passé et au présent. Cette rencontre lui offre la possibilité de « chercher comment la danse pouvait raconter toutes ces histoires et ces sensibilités et comment sa solitude pouvait les accueillir ». La pièce dit de quelle manière des artistes tunisiens rêvent un spectacle ensemble.
Le projet porte l’importance du corps. Face à la mer il exprime l’ici et le maintenant, l’hier et le demain. Il dit aussi le rapport à l’illusion et à la désillusion. Son regard se tourne autant vers l’Europe que la Méditerranée. La traduction scénique est relativement simple : un plateau vide disant l’horizontalité moderne mais aussi le goût de la tradition d’une culture littorale. La pièce nomme les combats menés par les tunisiens depuis vingt ans, leur souffrance et leur joie. De l’ordre de l’intime, donc de la profondeur, et aussi de l’ouverture vers l’extérieur, elle accouche des déchirures du chorégraphe : « j’ai besoin de raconter mon malheur et mes joies parce qu’ils sont partagés partout. La pièce se termine dans les rires pour rendre hommage aux Tunisiens qui sont capables, face à la mer, de se raconter toute la détresse et tout le désordre de leur situation. Face à la mer raconte un trop plein de rires, de larmes, de nourritures et de paroles. »

La pièce bénéficie d’une troupe de danseurs tunisiens portés par leur désir de dire qu’une grande partie d’eux-mêmes s’y retrouve. Cela se ressent à chaque mouvement, dans chaque parole prononcée, dans chaque respiration, dans chaque regard échangé. Une histoire humaine et artistique se déploie devant nos yeux. Moment rare. Il faut également retenir le chant accompagnant les danseurs dans leurs évolutions. Grâce à la voix de Mohamed Ali Chebil nous pénétrons un espace sonore inspirant, voir mystique. Un magnifique spectacle esthétique, humaniste, donnant envie de traverser la Méditerranée.

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Avec Sondos Belhassem, Houcem Bouakroucha, Hichem Chebli, Youssef Chouibi, Feteh Khiari, Majd Mastoura, Malek Sebai, Malek Zouaidi Et Mohamed Ali Chebil (chant), Jihed Khmiri (piano) Conception, dramaturgie, chorégraphie Radhouane El Meddeb Collaboration artistique Moustapha Ziane Scénographie Annie Tolleter Musique Jihed Khmiri Lumière Xavier Lazarini Costumes Kenza Ben Ghachem

Production La Compagnie de SOI
Coproduction Festival d’Avignon, Tandem Scène nationale Arras-Douai, Scène nationale d’Albi, La Villette (Paris), Cité musicale Arsenal de Metz, La Briqueterie Centre de développement chorégraphique du Val-de-Marne, Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine.
Avec le soutien de Institut français de Tunis, Groupe Caisse des Dépôts, Institut français – Théâtre Export, Conseil départemental du Val-de-Marne et pour la 71e édition du Festival d’Avignon : Adami, Fondation BNP Paribas Accueil studio Ballet du Nord Centre chorégraphique national de Roubaix Nord Pas de Calais, Tandem Scène nationale Arras-Douai.

RADHOUANE EL MEDDEB

INTERVIEW DE RADHOUANE EL MEDDEB

Formé à l’Institut supérieur d’art dramatique de Tunis, Radhouane El Meddeb collabore avec Fadhel Jaïbi, Taoufik Jebali et Mohamed Driss, puis développe son univers de chorégraphe en France pour signer sa première création en 2005, Pour en finir avec MOI, un solo en forme d’introspection. Après de nombreuses collaborations théâtrales, en faisant le choix de passer du théâtre à la danse, il crée plusieurs solos tels que Quelqu’un va danser… et Je danse et je vous en donne à bouffer. En 2010, il crée sa première pièce de groupe, Ce que nous sommes, avant de devenir artiste associé au Centquatre à Paris en 2011. Suivront un solo en collaboration avec le chorégraphe Thomas Lebrun et, en 2014, une deuxième pièce de groupe, Au temps où les Arabes dansaient…. En 2015 et 2016, il crée successivement Heroes, prélude et Heroes, ainsi qu’une pièce hommage à son père. Face à des questions qui abordent le départ, l’absence, la solitude, le chorégraphe ressent le besoin viscéral d’interroger sa double culture et la rupture qui la constitue en créant Face à la mer, pour que les larmes deviennent des éclats de rire avec des artistes tunisiens. Radhouane El Meddeb est présent pour la première fois au Festival d’Avignon.

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