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NIKOS ALIAGAS photographe au fort Saint-André à Villeneuve lez Avignon

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Écrit par Marc Pagnier Publié le 24 oct. 2016 Marc Pagnier

Rédacteur en Chef des titres en anglais, français et chinois.

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Nikos Aliagas est connu pour ses nombreuses émissions à la télévision et à la radio. Moins nombreux ceux qui le connaissent comme photographe portraitiste en noir et blanc. Dommage. Mais cela peut changer, car le Centre des Monuments Nationaux consacre l’exposition « Corps et Âmes » à son travail photographique. Dix impressions monumentales représentatives de son œuvre sont visibles dans les deux tours du fort Saint André à Villeneuve les Avignon. Un événement à ne pas manquer. Jusqu’au 2 janvier 2017. (photos © Alexandre Reynier/The Provence Herald)

Nikos Aliagas ou le fugace instant photographique

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« île Maurice », TheTreeof Life. Je les ai entendus avant de les voir. Des voix d’enfants dans les dernières vapeurs d’une journée de chaleur. Tout droit sortis d’un conte d’Horacio Quiroga, il y a du mystère et du fantastique dans l’expression de ces visages. Pureté et élégance pas encore abimés par les désillusions de la vie. Nous sommes au sud-ouest de l’océan Indien, dans un village de pêcheurs à l’est de l’île Maurice, une goutte d’humanité inonde mon champ de vision, comme un rare élixir à conserver le plus longtemps possible. © Nikos Aliagas

Réaliser un portrait photographique, tout le monde peut le faire. Le réussir, peu de gens en sont capable. Pour la simple raison que rares sont les personnes perméables à cet instant fugace où le photographié et le photographe sont en total osmose. Seul un artiste sait anticiper et réussir l’image.

Nikos Aliagas photographie depuis très longtemps les gens qu’il croise de peur de perdre leur trace. Il prend son appareil pour capter les regards, les mains et les corps rencontrés, soit pour son travail, soit en Grèce ou ailleurs. Il recherche ce « moment perdu » qui ne peut jamais revenir et qu’il est inutile d’attendre de nouveau. Toujours attentif à cet instant fugace. Cela se concrétise après un échange humain où les deux personnes situées de chaque côté de l’appareil se trouvent à « ce moment intime ou faux-semblants et postures n’ont plus lieu d’être ». Ainsi, l’acte photographique se réalise dans une approche où se confondent l’attention à l’autre et la capacité à jauger la personne dans son fort intérieur. Le visage devient le lieu où tout se concentre et se dit : « Je ne distingue pas un visage connu de celui d’un inconnu, j’aime les visages pour ce qu’ils décèlent du monde intérieur des êtres qui les portent ». Les portraits photographiques de Nikos Aliagas nous parlent de nos semblables. Ils parlent aussi beaucoup de son âme où se mêlent une humanité et une attention à l’autre qui en font un grand photographe contemporain.

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« Alykes », Grèce. A la merci des éléments naturels, l’homme moderne se met à nu et se couvre de boue face au ciel et à l’horizon salé de la lagune. Un rite ancestral pour réparer le corps, atténuer la douleur, effacer les marques du temps. Statue de boue devant l’éternel, de glaise et de rêves. © Nikos Aliagas

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« CayoRico », Cuba. Capitan Pedro navigue dans les eaux de l’archipel de Los Canarreos depuis qu’il est enfant. Soixante ans de mer turquoise et de chansons traditionnelles cubaines. « Si tu ne partages pas mon rhum tu ne pourras pas monter à bord » me dit le pêcheur. Pedro n’attend pas de réponse. Il allume son cigare en dansant sur son embarcation de fortune, il est presque ailleurs mais curieusement il est partout. Ici, le monde ne s’est pas arrêté, il poursuit sa route. Loin des fous et loin des foules. Un coin de sérénité où seuls les intrus se perdent. © Nikos Aliagas

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Comme un décor de cinéma. Une étendue lunaire ou presque rien ne pousse. Seul le vent polaire décide de ses arabesques. Et l’homme dont l’ADN a été conçu de lave et de glace rit. Joey éclate de rire en narguant le ciel de tout son être. Une vie intense, remplie de larmes joyeuses et tristes. Une vie de prince sans apparat, entre burlesque et ubuesque. Joey fête ses 70 ans sans regrets, les regrets sont des luxes d’ancien riche. L’homme est riche de ces rencontres improbables et de ce printemps qui renaît chaque jour au fond de lui.  © Nikos Aliagas

 

Légende de la photo en Une : « Messolongi », Grèce. Face à la mer, l’homme est couvert de boue de la tête aux pieds, comme un spectre enduit de suie. Un air de faux aborigène dans la démarche, Tequila enduit lentement son corps de matière noire argileuse qu’il laisse sécher au soleil. « Ce sont mes douleurs qui s’évaporent, j’ai appris à attendre que le mal passe ». Tequila est un personnage mystérieux. Avant midi, quand la boue aura bien séché, il replongera dans la mer, il s’habillera hâtivement, coiffera ses cheveux en arrière comme s’il avait un rendez-vous galant et repartira au volant de sa Jaguar immatriculée à Genève vers une destination inconnue. © Nikos Aliagas

 


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