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jeudi 17 août 2017

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REFIT : COMPOSITEWORKS, n°2 mondial, affiche ses ambitions

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Écrit par Marc Pagnier Publié le 29 avr. 2016 Marc Pagnier

Rédacteur en Chef des titres en anglais, français et chinois.

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REFIT : La société COMPOSITEWORKS, basée à La Ciotat depuis 1998, affiche une croissance exponentielle dans une filière elle-même en pleine boom. Le président Ben Mennem ne cache pas, vue son expérience dans le refit des yachts de luxe, de devenir rapidement un acteur majeur et incontournable sur ce marché qui demande fiabilité, crédibilité et professionnalisme. Pour y parvenir, il mise sur le refit des megayachts de plus de 80 mètres. Malgré ses atouts, il se trouve confronté à des besoins importants en infrastructures, pas aisés à négocier ni à mettre en place.

REFIT : Ben Mennem, un homme aux ambitions mondiales

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Ben Mennem (à droite), dans un entrepôt où est enveloppé son premier et unique bateau réalisé à La Ciotat  (photo © Alexandre Reynier – The Provence Herald) 

Pour rencontrer Ben Mennem et son équipe, composée d’associés présents depuis le début, il faut aller dans la zone des chantiers navals, situé face à la ville. Vous passez un contrôle des plus détendus et traverser de nombreux bâtiments, des machines, un gigantesque pont roulant, des cales sèches pour arriver enfin aux bureaux de COMPOSITEWORKS. Impossible de se tromper, c’est le plus grand, de couleur hésitant entre le beige et le crème, portant en énormes lettres le nom de l’entreprise. Face aux cales sèches et perpendiculaire à la Méditerranée, le bâtiment dit bien que vous êtes chez le numéro deux mondial. Pas de doute possible.

Ben Mennem, président et fondateur, vous reçoit entouré de sa garde rapprochée. L’homme, mince avec des yeux bleus qui regardent sans ciller, a cette allure détendue des hommes de mer et ancien skipper de la Coupe America. Flegmatique, avec un pointe d’humour au second degré, concentré sur ce qu’il dit, en un mot très british.

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Deux yachts enveloppés dans une cale sèche pour des travaux importants portant sur les structures mêmes des navires. (photo © compositeworks)

Arrivé à La Ciotat, il y a juste vingt ans, pour construire un voilier, Ben Mennem se trouve à la tête d’une entreprise devenue numéro 2 mondial dans la seule activité du refit des yachts de luxe.

A l’époque la ville sort péniblement de grèves suite à la fin de l’activité de la construction de bateaux de transport marchands.

Il prend la décision de s’installer sur les anciens chantiers navals quasi à l’abandon pour monter sa société. Ce choix téméraire fut le bon : « Nous étions des mercenaires, partis de rien, mais nous avons crû à la situation et aux potentialités de ce site sinistré. Avec mes associés, nous sommes aujourd’hui fiers d’avoir apporté notre contribution à la création de toute une filière d’excellence mondiale reconnue ».

Aujourd’hui La Ciotat s’est imposé comme le plus grand chantier de yachts de luxe au monde ; le refit devenant un marché en progression constante car le nombre de yachts de plus de 60 mètres devrait passer de 190 actuellement à 310 à l’horizon de 2025.

Compositeworks face à un choix stratégique

La société fonctionne actuellement aux maximum de ses capacités. En 2015, 113 yachts ont été traités, mais dix ont du être refusés faute de place. Pour Ben Mennem cette situation n’est pas possible « on ne veut pas perdre notre clientèle » car elle se crée et se garde grâce à la réputation, au savoir-faire et à la disponibilité. En plus, s’ajoute une difficulté liée au choix stratégique, celui de vouloir concentrer l’activité sur les yachts de plus de 80 mètres.

Cet objectif à très court terme impose de passer de « l’artisanat » à l’industriel, ce qui veut dire une augmentation du nombre de salariés hautement compétents et une augmentation de la longueur de quais disponibles, actuellement de 1.750 mètres.

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La cale sèche de plusieurs centaines de mètres située au pied des bureaux de Compositeworks. Après les travaux en cours, la partie du fond sera mise en eau et celle située au premier plan sera consacrée à la cale sèche pour les travaux importants portant sur les structures des megayachts de plus de 80 mètres. Sa longueur sera de deux cents mètres. (photo © Alexandre Reynier – The Provence Herald)

Ce dernier impératif peut être résolus à cinquante pour cent par la mise en place de docks flottants et d’une cale sèche, aujourd’hui mise aux normes, de deux cents mètres de long.

L’année dernière une partie de l’activité a été délocalisée sur Marseille pour un montant de 7 millions d’euros soit plus de 16% du C.A. Pour absorber la demande la collaboration avec Marseille est devenue continue mais d’autres possibilités sont envisagées. La solution pour Ben Mennem est relativement claire : « notre attachement à ce territoire est tel que nous souhaitons en priorité agrandir nos capacités (de mise à sec) à La Ciotat et Marseille. C’est une évidence, mais nous étudions aussi des possibilités partout en France, voire en Europe ». Barcelone, lieu du numéro 1 mondial, sera-t-elle cette possibilité ?

Compositeworks : des compétences donc des hommes

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En cale sèche le yacht bénéficie d’un nouveau carénage au niveau de la peinture (Photo © Compositeworks)

Le refit vu par Compositeworks n’est plus seulement le simple entretien d’un yacht. Il englobe aussi des travaux conséquents comme l’agrandissement de sa longueur ou l’intégration d’élément lourd, une piscine par exemple. Pour avoir ce type de marché il faut les hommes qui correspondent. Le choix s’est fait sur deux axes : d’abord la formation continue en interne et le développement de partenariat avec des entreprises leaders dans leur secteur. Ces sociétés sont devenues plus que des partenaires au fil des ans. Il leur faut autant un savoir faire que la fiabilité et la disponibilité. On ne part pas sur ce type de chantiers avec des « inconnus ».

Si Compositeworks a en interne huit métiers de marine, cela demande d’énormes investissements comme le récent bâtiment pour peinture dont la facture s’est élevée à 4 millions d’euros, soit pas loin de 10% du C.A.

A ces investissements s’ajoute une technicité propre à Compositeworks qui fait sa renommée. Les cent salariés actuels, de dix nationalités, sont réputés pour leur expertise. Celle-ci leur ayant value en 2013 le « World Refit of the Year Award » pour le refit du bateau FAITH.

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Dans un des ateliers de Compositeworks, des employés réalisent un jacuzzi qui sera monté à l’intérieur d’un yacht. (Photo © Alexandre Reynier – The Provence Herald)

Toujours dans son projet d’intégration en interne, un bureau d’études technique a vu le jour fin 2015. Comprenant dix personnes sous la direction d’un architecte naval expert dans la nouvelle construction, de trois dessinateurs, d’un expert peinture et d’un administrateur informatique, ce bureau permet de couvrir les activités de l’architecture navale, de l’ingénierie, du dessin et de la numérisation comme du revêtement et du reporting. Toutes ces fonctions permettent de répondre aux attentes des clients de megayachts de plus de 80 mètres.

Dans le but de diminuer l’immobilisation des yachts, de l’ordre d’un à six mois actuellement, la numérisation et la manipulation 3D grâce à un système de balayage laser 3D, identique à celui utilisé par les archéologues et le BTP, offre l’opportunité de réaliser en amont, c’est-à-dire dans le port du client, un scan des travaux à réaliser. Cela limite d’une façon importante les retouches ultérieures et permet de préparer en amont les composants utiles pour le refit du yacht.

Quel avenir ?

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Un yacht posé sur un quai reçoit une nouvelle couche de peinture sur la coque. Celle-ci a été également rallongée de plusieurs mètres. (photo © Alexandre Reynier – The Provence Herald)

Les ambitions de Ben Mennem sont soutenues par des compétences reconnues dans le secteur du refit des megayachts de luxe. Mais la partie n’est pas simple car la société se trouve confrontée à deux problèmes majeurs. Les investissements énormes autant dans le personnel que les moyens techniques et les infrastructures. Si ces données sont quasi maîtrisables en interne, il y en a une autre, externe, difficile elle à maîtriser : la négociation de plus en plus serrée des prix, malgré un marché en expansion, avec pour corollaire la diminution des marges nettes. Compositewroks et son président, Ben Mennem, ont résolus d’autres difficultés toutes aussi importantes, car on ne devient pas numéro 2 du refit des megayachts de luxe sans combattre. L’avenir s’annonce tout de même sous de beaux auspices.

COMPOSITEWORKS : les hommes

Ben Mennem, président et fondateur de la société

Mark Salman, Directeur technique et co-fondateur

Christophe Moulierac, Directeur en charge du financement, de la stratégie et du développement

COMPOSITEWORKS : les chiffres

C.A. 2015 : 43 millions d’euros (dont 22 millions redistribués aux sous-traitants)

2014/2015 : 23% d’augmentation du C.A.

Refit sur plus 80 mètres : 25% du C.A.

Total refits : 113 en 2015

Personnel : 100 salariés

Indirects : 300 personnes et 100 induits

Sous-traitants : 250 dont les 3/4 en région PACA

Chantiers : 1 à 6 mois pour les plus de 80 mètres

Nombre de collaborateurs par chantier : 15 pour les plus de 80 mètres

COMPOSITEWORKS : l’impact local

Nuitées des équipages : 40.000/an (2014)

Retombées économiques locales : 10 millions d’euros/an

Compositeworks à La Ciotat : 2° employeur de la ville

Le service de mécanique, un des huit métiers de marine intégré à Compositeworks (Photo © Alexandre Reynier – The Provence Herald) 

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