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jeudi 19 octobre 2017

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SHOOTING PHOTO : AU FOND DES ILES SOUS LE VENT

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Écrit par Marc Pagnier Publié le 11 oct. 2016 Marc Pagnier

Rédacteur en Chef des titres en anglais, français et chinois.

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SHOOTING PHOTO : Papeete – 2 mai 2016 – 5h15 heure locale : Après vingt-deux heures dans l’avion entre Paris et Papeete, avec escale à Los Angeles, je suis arrivé à Tahiti à minuit quinze, heure locale. Je me lève pour aller prendre le vol de sept heure quinze qui doit m’amener à l’ile de Raiatea. J’arrive enfin en Polynésie française pour couvrir la plus belle régate du Pacifique, la Tahiti Pearl Regatta. Huit jours au milieu des îles, des lagons et un océan mythique. Qui me garde une surprise… (Photos © Alexandre Reynier/The Provence Herald)

SHOOTING PHOTO DE PIERRE DELIGNE ARTISTE PHOTOGRAPHE

Après un vol d’une heure dans un bimoteur, j’atterris sur une piste entre océan et montagne. Je pose le pied sur une réalité rejoignant nos rêves de dépaysement les plus secrets.
A bord d’un catamaran m’attend Pierre Deligne. Il doit me piloter au travers des îles et des lagons afin de suivre la régate. Quand je vois sa figure de boucanier je ne suis pas trop surpris ; ne suis-je pas en fin de compte au coeur du Pacifique…
(ici ton portrait réalisé par toi)
Le deuxième soir de reportage je prends un moment de détente sur la poupe du catamaran face au couché du soleil. Les deux pieds dans le Pacifique, le bateau ancré dans l’eau verte du lagon, une certaine somnolence me gagne. Le bruit de l’océan se brisant sur les récifs et les couleurs somptueuses du ciel font littéralement planer. Au paradis…

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« Marc ! ». Je sursaute. C’est Pierre qui s’installe à côté de moi et me regarde avec une certaine hésitation. Je reviens à la réalité lentement et ouvre un oeil puis l’autre. Le couché du soleil se fini, le bruit de l’océan continue. Pierre me dit doucement : « Tu fais les photos de la Tahiti Pearl Regatta ». Jusque là rien à dire. Il ajoute : « Puis-je te montrer les photos que je fais ? Je souhaite avoir ton opinion. » Le réveil fut rapide et total. Bonjour les photos en couleurs, les couchés de soleil, les visages souriants des vahinés, j’en passe et des meilleurs. Me tournant vers lui et dans un sourire qui se veut chaleureux je lui dit que j’en serai ravi. Des fois la réalité est dure avec vous…

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Après un court instant Pierre Deligne revient, une tablette dans les mains. Il tourne les pages à la recherche de ses chefs d’oeuvre ! Vu le nombre de fois que son doigt glisse sur l’écran, l’épreuve sera longue. Il s’installe à nouveau à côté de moi, les pieds dans l’eau et me tend l’appareil.

Dès le début je fut littéralement escamoté. Comment peut-on faire ce genre de photos encore aujourd’hui ? Je continue à glisser le doigt m’attendant à voir des photos plus normales. Enfin, celles que nous voyons souvent. Non rien à faire; Pierre ne pourra jamais être un photographe. Comment le lui dire ?

En effet, Pierre Deligne n’est pas un photographe.

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C’est un artiste. Exceptionnel. Il travaille en noir et blanc. Uniquement.

Avec le premier modèle de la GoPro.
Chacune de ses photos possède une esthétique forte, un contenu lisible, une émotion vous installant dans un lieu où seul l’art peut vous amener.
Elles sont à l’image de l’artiste. Un homme en parfaite harmonie avec le monde qui l’entoure, aimant la nature, les hommes et la vie.
Un homme secret et convivial, zen et charismatique, attentif et persuasif. Un homme qui semble proche mais garde le secret de son existence.
En un mot, Pierre Deligne représente l’essence même de l’artiste. Celui sachant pertinemment ce qu’il est, tout en y étant détaché. Un homme que personne ne regrette de connaître. Et que je suis fier de présenter dans les colonnes de The Provence Herald.

Après ce choc visuel, que seul l’art peut créer en vous, nous nous mettons à parler. Petit à petit, Pierre se dévoile, se transmue. Un Pierre, inconnu, libre, déroulant sa vie, son ressentit.
Je suis face à une parole forte mais profonde, rare aujourd’hui. Celle qui permet de mieux pénétrer la création d’une oeuvre :
« Mon enfance africaine, au bord de mer, m’a laissée une empreinte indélébile des grands espaces. Le retour en Europe, au cours de ma dix-septième année, et en France aux bords du golfe du Lion, a scellé à tout jamais mon union avec la mer et les voiliers. Le fil de mes embarquements m’a amené de la Méditerranée aux côtes Américaines, puis à l’Arc Caraïbes et finalement j’ai posé mon sac vers le pacifique sud en mer de Corail. J’y vis et j’y navigue une vingtaine d’année. En Nouvelle-Zélande, je rachète un ancien mo- nocoque de course au large, de 60 pieds. Je sillonne alors vers la Mélanésie avant de mettre le cap sur la Polynésie, toujours en solitaire, en passant par le sud, sans un stop. Une longue navigation, remplie de solitude qui me métamorphose sans que je le sache. Elle me prépare à recevoir intérieurement ce que je vais découvrir… »

Je sens l’émotion de Pierre me gagner. Je retiens ma respiration, attentif à ce qu’il va me dire. Cela vient comme une libération. La juste harmonie entre ce qu’il dit et ce qu’il est. Moment intense.
« Je me rappelle encore, là où nous sommes, la joie que j’ai eu en découvrant un Archipel immense, des eaux limpides, une ambiance pacifique … Rien ne fut comme avant. » Silence. Nous nous tournons vers le Pacifique.

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Puis, doucement mais résolument, Pierre se penche légèrement et tire de sous la table son appareil photo, une simple GoPro, le premier modèle. Il me la montre comme un trésor trouvé dans un lagon perdu.
« J’ai toujours accompagné mes pérégrinations d’un appareil photo, en souvenir de mon premier contact avec la pellicule, vers mes dix ans. Oui Marc, grâce au fascinant cadeau d’un Kodak Instamatic ! Et depuis la passion perdure pour fusionner avec celle de la mer. »
Son visage se remplit d’un sourire simple et doux, fruit d’une sagesse d’homme de mer. Il installe sa tablette sur la table, entre nous deux, et tend son doigt sur l’écran, en suspens. « Le noir et blanc s’est imposé au fil du temps, naturellement pour ainsi dire. J’aime cette dualité sans artifices, comme le jour et la nuit, l’ombre et la lumière, la vie et la mort.
Je m’oblige à photographier les fonds sous-marin en apnée pour mieux appréhender l’approche de la faune. Cette façon de faire me limite aussi le temps, m’obligeant à garder le mieux grâce à un coup d’œil sans interférence de techniques de prise de vues. Ce sont des moments éphémères. Il m’arrive d’en attraper de temps à autre, c’est ce que j’aime partager. »
Nous nous mettons, non à feuilleter, mais à glisser le doigt sur l’écran. Les images paraissent venant de sous la mer et de sur la terre, comme des paysages peuplées de gens, de poissons, d’odeurs. En noir et blanc, pleines de couleurs et de profondeurs. Le Pacifique est là.

EXPOSITION DE L’OEUVRE PHOTOGRAPHIQUE DE PIERRE DELIGNE DANS LES COLONNES DE THE PROVENCE HERALD

Pour partager ce travail exceptionnel, tout en lisant The Provence Herald chez vous, nous vous proposons d’embarquer tous les mois, pour une longue navigation entre les îles de la Polynésie, à plusieurs milliers de kilomètres. Pierre Deligne sera notre pilote, notre preneur d’images de cette aventure artistique.
Aujourd’hui, ci-dessous les trois premières oeuvres de Pierre, consacrées au fond sous- marin du Pacifique. La faune comme jamais vous ne l’avez vu. Comme disait Richard Wagner : un art total !

SHOOTING 1 : LA FAUNE DE LA POLYNESIE FRANCAISE

Notre prochain voyage aux Îles Sous le Vent dans un mois.

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