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TRANSHUMANCE : THEATRE DU CENTAURE, TERRITOIRE DE MARSEILLE-PROVENCE 2013, DU 18 MAI AU 9 JUIN.

Écrit par Marc Pagnier Publié le 7 juin 2013 Marc Pagnier

Rédacteur en Chef des titres en anglais, français et chinois.

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Transhumance : « Parce qu’il est impossible, parce que c’est une utopie, le Centaure est pour nous une forme d’engagement. Un engagement qui nous pousse à inventer un théâtre qui n’existe pas, des formes différentes, un langage autre. (…) Evidemment, le Centaure n’existe pas. C’est l’utopie d’une relation, d’une symbiose pour n’être qu’un à deux. »

L’esprit de la Transhumance

Le message est celui du temps et de l’espace vécus : les moyens ultra-modernes de communication et de transport obligent le monde à vivre tout ensemble au même rythme. La temporalité n’est plus respectée, lire l’heure dans le soleil comme nos grands-parents, cela ne parle plus à grand monde. Cette modernité crée une distorsion du temps et de l’espace : était-ce vraiment différent sans internet et les avions ? La facilité avec laquelle nous pouvons désormais joindre quelqu’un ou se rendre d’un bout du monde à l’autre nous font oublier que tout n’est pas instantané, que le temps et la géographie restent incompressibles : le soleil n’avance pas plus vite, les saisons s’ordonnent dans leur cycle immuable, la Provence est toujours située à neuf cent kilomètres de Rome. Replacer ses pas dans ceux de l’animal et dans le rythme qu’ils imposent, c’est l’idée que transmet le Théâtre du Centaure avec le projet Transhumance.

On retrouve cet état d’esprit dans la création du parcours de Grande Randonnée (GR13), grâce auquel on met à l’honneur des sites naturels exceptionnels.

 

L’Italie invité d’honneur

L’Italie est l’invité d’honneur de Transhumance. Ce sont plus particulièrement les régions de la Toscane et du Latium qui sont partenaires car celles-ci présentent de nombreux points communs avec la Camargue. Ces deux paysages sont des parcs naturels protégés pour leur faune, leur flore et leur manière de vivre, leurs traditions. Chez nous comme en Italie, il existe des élevages semi-sauvages de bovins et d’équidés gardés par les manadiers ou butteri. Ces deux espaces sont également de grands ensembles marécageux qui ont été drainés au 19ème siècle pour permettre une occupation humaine. Il y aura ainsi 90 animaux (vaches à longues cornes, poulains de troupeaux et chevaux de Maremme) qui partiront depuis l’Italie.

 

Un land-art vivant et animal

La transhumance ancre l’évènement dans le terroir et dans la nécessité ressentie de faire appel à la tradition, mais c’est la marque du Théâtre du Centaure permet de la redimensionner artistiquement. Nous devenons tous, en participant directement ou simplement par le regard et le temps qu’on accorde à ce défilé, des acteurs de l’entrée ou plutôt du retour de la nature dans les villes.

La culture ne doit pas se résumer à une dimension matérielle et palpable, elle doit faire écho à toute la part d’immatérialité que l’on rencontre dans ses expressions orales. La transhumance est une tradition qui se déroule à un moment précis, avec des hommes et des animaux dans une nature bien réelle, et pourtant elle relève de notre patrimoine immatériel : elle ne laisse pas une trace que l’on pourra conserver de manière tangible et redécouvrir archéologiquement, elle ne fait que passer avec ses odeurs, ses traces de pas et de sabots dans la poussière.

transhumance,

TRANSHUMANCE  :  Le Centaure

 

Les animaglyphes

Les animaglyphes sont la plus pure démonstration de cet art : un dessin entre l’homme et son environnement. Heureusement, ces dix œuvres d’art ne s’offrent pas qu’au regard des oiseaux, elles seront également filmées depuis les airs. L’inspiration est puisée dans les formes géométriques qui ont toujours été assimilées à la nature ou aux hommes tout au long de l’histoire de l’art : le cercle et le carré. Le premier est associé à la nature, c’est la forme la plus évidente et la moins construite, sans angle ni cassure. Le deuxième est représentatif de l’esprit humain dans sa propension à délimiter, cadrer les choses : le carré est par essence la forme la moins naturelle, le plus préméditée, la plus pensée.

 

Le parcours

Les trois semaines de ce parcours itinérant de plus de six cents kilomètres sont ponctuées par des étapes qui mettent en valeur les quarante communes et les six parcs et réserves des deux pays. Les départs se feront depuis Cuges-les-Pins (18 mai) pour les Italiens, et à Chateaurenard pour les Provençaux (25 mai). Ce sera l’occasion d’organiser des rencontres entre les deux cultures autour de repas, de marchés, de baletti et d’expositions. Des bivouacs seront mis en place par les villes-étapes mais aussi par la Chambre Régionale d’Agriculture qui entend mettre en avant le terroir. Une des étapes phares est le village des Baux-de-Provence qui offre un cadre typiquement provençal. S’y tiendront une exposition de photographies réalisées par Lionel Roux (en place jusqu’au 25 octobre), et la projection du film réalisé par le Théâtre du Centaure dans le cadre exceptionnel des Carrières de Lumière (et à voir jusqu’au 11 juin). Le 31 mai finalement, c’est la Ré-nion des deux groupes dans la plaine de la Crau, au domaine départemental de l’Etang des Aulnes, toujours propice à des tablées gastronomiques, des démonstrations équestres, des performances musicales et dansantes avec les rendez-vous Balbêtes.

 

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Transhumance

L’arrivée à Marseille

La campagne et les espaces sauvages pénètrent la ville avec ses animaux qui renversent l’exode rural : Marseille célèbre le mélange, le partage de l’urbanité et de la nature ; inutile d’opposer les deux aspects, autant accepter qu’il puisse y avoir une harmonie. Les Provençaux partent de l’esplanade du J4 tandis que les Italiens arriveront depuis la Gare-Saint-Charles : soit deux lieux stratégiques dans l’organisation de la cité qui lancent le départ de la traversée de la ville. Destination le Vieux-Port, berceau de la cité de Phocée. Tous les participants prendront ensuite la direction des plages en longeant la Corniche qui offre une ballade extraordinaire. Dans la soirée, l’Observatoire du Bout du Monde présentera une installation multimédia pour rassembler toutes les pièces de ce puzzle grandeur nature (et qui sera disponible pendant trois mois).

 

TRANSHUMANCE :

Conception artistique et réalisation : le Théâtre du Centaure, Transhumance.


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